Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 15:58
- Publié dans : les joies du travail!
Par Go

Aujourd'hui j'aimerais vous parler d'une bestiole qui pullule de plus en plus dans notre joli zoo national : le recruteur. Bien que cette espèce soit de plus en plus répandue, elle est encore mal connue. Abordons donc les mœurs et coutumes de cette espèce.

 

Le recruteur, homme ou femme d'apparence normale, est chargé, comme son nom l'indique, de recruter de nouveaux candidats, que ce soit pour son entreprise d'appartenance, où un client. Aussi, les recruteurs se regroupent en nid dans les services RH ou dans des cabinets de recrutement. C'est dans ces services que vous aurez le plus de chance de pouvoir observer cette espèce.

 

Les habitudes alimentaires du recruteur sont très simples. En effet, celui-ci adore travailler entre midi, et fait donc une grande consommation de sandwiches. Ceci pour ressembler le plus possible au modèle américain.

 

Le recruteur, plus communément appelée chasseur de têtes, reste un prédateur redoutable, et personne n'est à l'abri.

 

Son rituel de chasse obéit toutefois une loi très particulière et très complexe. Il est donc important ici d'en préciser les règles.

 

Le rituel commence sur les jobs Boards (Monster, APEC, etc.). À ce niveau, il a été observé deux méthodes de chasse.

 

La première méthode, de loin la plus utilisée, est de poster une annonce, que le recruteur veut la plus attirante possible, afin d'attirer un maximum de candidats. On pourra toutefois constater qu'aucune mention relative aux salaires n'est jamais abordée...

 

Cette première méthode est redoutablement efficace, puisque le recruteur laisse sa proie se jeter dans la gueule du loup. De plus, elle à l'avantage de permettre au recruteur de chercher le mouton à cinq pattes. Aussi, on observe couramment dans les annonces que le recruteur cherche des personnes « résistant au stress », parlant couramment trois à quatre langues, très mobile, avec d’excellents diplômes, une expérience de plusieurs années, le tout avec un physique agréable. En effet, il n'est pas rare que dans son annonce le recruteur demande une photo...

 

La seconde méthode de chasse du recruteur est déjà moins utilisée. En effet, si celle-ci présente l'avantage de pouvoir tomber sur la perle rare, elle nécessite une quantité de travail importante au recruteur. Ainsi, s'il choisit cette méthode, le recruteur devra consacrer du temps à l'étude des CV que les candidats laissent sur les jobs Boards. Et comme le recruteur considère qu'il a peu de temps, il en consacre encore moins à la recherche de nouveaux CV.

 

Ainsi, pour résumer, nous pouvons considérer que dans la grande majorité des cas, le recruteur poste une annonce et attend les CV sur sa messagerie électronique.

 

Comme nous l'avons déjà dit plus haut, le recruteur n'a pas de temps. Il n'a pas non plus de conscience... Aussi, il est très fréquent que le candidat qui réponde à une annonce du recruteur ne reçoive aucune nouvelle.

Toutefois, il devient maintenant de plus en plus fréquent qu'à l'envoi de sa candidature, le candidat reçoive un mail automatique qui, outre d'accuser bonne réception du dossier, stipule que si le recruteur n'appelle pas ça veut dire que la candidature n'est pas retenue.

 

Nous pouvons donc observer que le recruteur considère que les personnes de son environnement extérieur et qui n'appartiennent pas la même espèce que lui sont tellement stupides qu'ils ne comprennent pas d'eux-mêmes le lien entre le non appel dudit recruteur et le rejet du dossier de candidature.

 

Nous observons également que dans les rares cas de réponses, et si celles-ci s'avèrent négatives, aucune explication sur le rejet du dossier n'est donnée au candidat. Ceci afin de laisser ce dernier dans l'ignorance la plus totale. Pourquoi ? on ne sait pas encore…

 

Ainsi, si beaucoup de candidats, et surtout dans la période de crise actuelle, tentent leur chance sur les jobs Boards, très peu d'entre eux sont élus à l'entretien fatidique.

 

L'entretien, c'est la seconde étape de la chasse de recruteur. Comme le recruteur est très joueur, surtout avec ses proies, il n'est pas rare que la convocation à l'entretien envoie le candidat à l'autre bout de la France, même si la société du recruteur possède un service RH à 400 m du domicile du candidat.

 

Le jour de l'entretien, le candidat aura tout intérêt à venir avec une cotte de mailles et une armure complète, car bien que très joueur, le recruteur n'en reste pas moins féroce.

 

En effet, pendant une à deux heures, il aimera tester les capacités psychologiques du candidat en posant diverses questions totalement inutiles et en inadéquation avec le poste... « Citez-moi trois de vos qualités ? » « Trois de vos défauts ? » « Qu'est-ce qui vous a le plus marqué dans votre vie ? » « Pourquoi je vous prendrai ? » Ne sont que quelques questions que le recruteur aime à poser.

 

À côté de ces questions totalement inutiles, il n'est pas rare d'observer que le recruteur a énormément de mal à analyser un CV. Ceci pour diverses raisons.

 

Déjà parce que, comme nous l'avons dit plus haut, le recruteur n'a pas de temps, et dans la plupart des cas le CV du candidat n'a pas été lu attentivement avant l'entretien. Ensuite parce que le recruteur à un mode de fonctionnement très basique. Pour lui, un candidat ayant une licence de mathématiques ne pourra faire... que des mathématiques, et ce durant toute sa vie professionnelle.

 

Or, nous savons tous que dans la société actuelle, il est très rare qu'une personne puisse suivre une carrière professionnelle dans le domaine de ses études (sauf pour les professions diplômantes de type médecine, vétérinaire, droit, etc.).

 

Aussi, il est très fréquent de constater que le recruteur n'arrive jamais à mettre en relation le diplôme et l'expérience professionnelle. Et ce, malgré les explications du candidat. Par exemple, un candidat avec un diplôme de mécanique mais n'ayant aucune expérience professionnelle dans ce domaine sera toujours mieux vu qu'un candidat possédant un autre diplôme de même niveau, et ayant une expérience professionnelle de plusieurs années dans le domaine de la mécanique. Nous n'en comprenons pas l'explication, mais il doit y en avoir une...

 

Ceci est d'autant plus déroutant que les sociétés dans lesquelles travaillent ces recruteurs se targuent d'avoir le même modèle que d'autres pays (américain, pays nordiques, allemands, etc.) alors qu'il est bien connu que ces mêmes pays privilégient les compétences par rapport au diplôme.

 

Ainsi, pour le recruteur, l'intitulé du diplôme est très important. Le niveau d'études, absolument pas.

 

De plus, le recruteur est très attentif aux écoles. En effet, si le candidat à eu la chance de suivre les cours d'une école dite « renommée » (arts et métiers, mines, etc.), il aura plus de chances devant le recruteur qu'un candidat ayant suivi les cours d'une faculté. Le niveau d'études et le même, les cours dispensés strictement identiques, mais le recruteur à ses petites préférences...

 

Il faut également savoir que le recruteur est nostalgique. Ainsi, si le recruteur s'aperçoit qu'il sort de la même école que le candidat, ce dernier très chanceux car il est sûr d'être pris, et ce quelle que soit la qualité de son entretien (c'est du vécu...).

 

La dernière étape de la chasse, et celle que préfère de loin le recruteur, c'est la négociation de salaire. En effet, bien qu'officiellement le recruteur annonce des grilles de salaires, il faut savoir qu’il considère que le salaire donné est toujours trop élevé. Bon, faut relativiser. Si ces grilles de salaires existent bel et bien dans les grandes entreprises, elles sont très sporadiques dans les autres.

 

Ainsi, le recruteur aimera à énumérer tous les points négatifs du candidat, afin de le rabaisser le plus possible et de lui donner un salaire moindre. Il n'est donc pas rare dans une société que deux personnes qui ont le même niveau d'études, et affectés à une même fonction, ont deux salaires différents. On ne comprend pas pourquoi, mais c'est comme ça...

 

Tels sont les habitudes et coutumes des recruteurs. Dès lors, une seule question se pose, quand est-ce qu'ils se mettront à la page ?

 

Bon me direz-vous, ils ont déjà réussi à abandonner la phrénologie, et la graphologie est de moins en moins utilisée (quoique toujours autorisée dans notre pays), mais si on les bouscule un peu, peut-être arrivera-t-on à les faire entrer dans le XXIe siècle.

 

Aussi, rejoignez la communauté scientifique ! Venez partager votre expérience, et avançons sur l'étude de cet animal encore peu connu...

 

Go

 

PS : je précise que j'ai moi-même travaillé dans un service R. H.

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Commentaires

Je ne sais pas si cet article doit me faire rire ou pleurer ...

Il me rappelle des instants parfois plaisants, lorsque je sentais le prédateur en difficulté parce que je ne le laissais pas jouer comme en il en avait envie ... Et des moments pénibles ... De ces instants où on se sent rabaissé, où on ressent une forte injustice ... Des moments de découragement ...

Aujourd'hui, je ne me sens plus guère concerné, et je dois dire que certains passages m'ont fait hurler de rire ..

 

Merci Go, pour cet instant de vérité.

 

Lio

Commentaire n°1 posté par Lio le 05/03/2011 à 13h29

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