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Ca y est, je me lance ! C’est la grande première, le lever de rideau. Ca y est, j’anime mon blog ! Et pas n’importe quel blog ! Parce que c’est qu’elle est exigeante la bête! Je veux que mon blog soit un portail où l’on puisse s’entendre, évoluer dans nos idées et surtout, faire bouger les choses ! Mais avant de commencer, quelques petites présentations s’imposent !
Je vous dirais simplement que je passe presque le cap de la trentaine, que je suis Lorrain, encore célibataire et que j’en ai marre de notre société à bout de souffle. Vous comprendrez que je tienne à garder mon anonymat dans un premier temps, parce qu’en recherche d’emploi et que visiblement dans notre pays, apporter des idées n’est pas une bonne idée…
Mais me direz vous, pourquoi ce blog, et pourquoi maintenant ? Pour vous répondre, je vais vous raconter ma petite histoire…
Il était une fois un jeune étudiant qui y croyait. Il travaille dur, et son Bac en poche, il décide de quitter la chaumière familiale et de faire moultes études.
A la fac, après le discours plein de promesses de Messire le Doyen, le jeune étudiant croit même voir au loin le premier barreau de l’échelle sociale.
Il travaille encore plus dur, et 6 ans plus tard (oui, 6, pas 5…j’ai glissé chef !), il décroche enfin son diplôme, précieux sésame qui le hisse au premier barreau de notre échelle sociale. Bon, il ne reste plus qu’à grimper maintenant. Alors, le jeune diplômé, c’est son nom de code pour les recruteurs, veut s’inscrire sur le marché de l’emploi.
Tout content, il arrive à l’ANPE.
Bonjour Madame, je viens m’inscrire.
Que nenni mon jeune ami ! Tu n’as jamais eu de travail, tu ne peux donc point t’inscrire chez nous ! Va donc sur les « jobs boards » !
Après recherches, le jeune diplômé trouve la signification de ce terme barbare. C’est en fait les sites de recrutement (monster, apec, etc.). Très bien, allons-y alors ! Enthousiaste et plein d’entrain, notre jeune chômeur, qui officiellement n’en est pas un, s’inscrit partout. Il les connait tous et va régulièrement leurs rendre visite pour voir les nouveaux emplois, et relever les nouveaux messages. Mais jamais de message. Les recruteurs ne sont pas intéressés. A chaque annonce où il postule, on lui répond que l’expérience fait défaut.
Eh ben se dit le jeune diplômé, que le second barreau de l’échelle sociale est dur à attraper ! Peut être pourrais-je m’appuyer sur le CIO (Centre d’Informations et d’Orientation. Enfin…le terme n’est pas très juste !) ?
Change d’orientation lui dit-on là-bas ! Le diplôme que tu as passé est trop spécifique. Statistiquement 500 élèves sont formés chaque année dans ton domaine alors que le marché de l’emploi n’ouvre qu’une vingtaine de postes…quand il ouvre des postes…
Arf, le second barreau s’éloigne encore. Les amis de la promotion de notre jeune diplômé ont trouvé des postes de vendeur, monteur sur chaîne, guichetier…ou des stages…
Bon, ben je n’aurai pas encore exercé de métier dans mon domaine qu’il me faut me reconvertir se dit notre jeune diplômé. Bon, allons-y ! Mais ne soyons pas bête, cherchons un métier qui a de l’avenir ! Et quel bel avenir que celui de l’informatique !
Alors, il se reconvertit et fut rapidement embauché.
Ouf se dit notre jeune travailleur ! J’ai enfin passé le second barreau ! Mais si j’avais su, si je n’avais pas écouté tous ces profs qui me disaient d’aller dans ce domaine d’études ! J’aurai économisé du temps !
Bon, voyons les aspects pratiques. Il est exploité, sous payé et surtout, son contrat de travail est à la limite de l’illégalité. Mais c’est un travail et à l’époque, on sortait de crise alors…
Rapidement, notre jeune travailleur se fait au monde du travail. Ca n’a rien a voir avec ce qu’on lui avait dit pendant ses études mais bon, ca paye au moins l’alimentaire…et surtout, comme il aime à le dire « une fois qu’on a le pied dedans, c’est bon ! ».
Quelques mois plus tard, il est contacté par une société qui est intéressée. Le poste à l’air bien, ca paye mieux, ca semble plus « clean » , ca le rapproche de chez lui et surtout, c’est plein d’avenir !
« Regarde notre croissance » lui dit le recruteur ! Tu n’auras pas ca ailleurs !
Et c’est vrai que la croissance de cette boite est impressionnante ! Comme toute SSII… Enfin, Société de Conseil lui dit-on. Tu comprends, SSII ca fait pas bien !
Mais c’est quoi une Société de Conseil ? Le jeune travailleur cherche sur internet, et trouve la réponse sur des forums animés par les plus âgés que lui : une Société de Conseil, c’est une boite qui en gros, sous-loue de la main d’œuvre pour des projets à des entreprises qui ont peur d’embaucher…En gros, c’est de l’intérim, mais de luxe…
Mais qu’importe. Après tout, lors de son recrutement, ne lui a-t-on pas dit :
Tu verras plein de sociétés, plein de façons de travailler, c’est la meilleure école ! Et puis, nous, on s’engage à ce que tu reste dans la région ! Signe !
Alors, il signe. Son contrat stipule qu’il commence normalement le premier jour ouvrable du mois suivant. Enfin, du mois d’après lui dit son manager (oui, on ne dit plus chef, mais manager, ca fait mieux). Tu comprends, on n’a pas encore trouvé de client chez qui tu peux travailler. Mais ce n’est pas grave, je t’ai préparé un avenant au contrat de travail ! Signe !
Alors, il signe. Sa boîte lui trouve enfin du travail…5 mois plus tard, parce que t’est jeune diplômé tu comprends ? Et le boulot, ce n’est pas dans sa région, mais à l’autre bout de la France…tu n’as pas d’expérience, alors on t’a trouvé que ca. Comme t’est embauché, tu ne peux pas refuser la mission tu comprends ? Ah oui, petite précision, on est jeudi, tu commence lundi prochain. Tu as 2 jours pour te trouver un appart et t’y installer parce que tu comprends, on est short niveau budget et on ne peut pas te payer l’hôtel. Ah oui, on ne peut pas te payer le déplacement non plus…
Bon, ce n’est pas grave se dit le jeune…euh, le jeune quoi déjà ? Résumons, notre ami a fait successivement jeune étudiant, jeune diplômé, jeune chômeur officieux, jeune travailleur, puis à nouveau jeune chômeur officieux (oui, pas assez de mois de cotisation selon l’ANPE) le temps que l’avenant au contrat de travail entre en vigueur, puis à nouveau jeune travailleur, euh, non, jeune diplômé selon son manager.
Donc reprenons. Bon, ce n’est pas grave se dit notre jeune diplômé-travailleur. Il a réussi à trouver en un temps record un appart, il a signé les papiers sans même visiter son nouveau logis (pas le choix vu le temps), et il arrive enfin, à ses frais, à l’autre bout de la France. La, se passe 5 mois de mission. L’ambiance est géniale, le travail super. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Bon, son manager ne donne plus signe de vie, mais le jeune diplômé-travailleur sait qu’il est encore là car il reçoit toujours son bulletin de salaire.
La mission se termine. Toujours pas de signe de vie de sa société. Bon, je rentre chez moi se dit notre jeune travailleur (oui, comme il a réussi à travailler un peu, il n’est plus jeune diplômé).
Pas encore arrivé à destination, coup de fil de son manager. « T’est en inter-contrat » lui dit-il. C’est quoi un inter-contrat? Ben en fait, t’est entre deux missions. En gros, tu reste chez toi. Bon, on va te demander de poser tes RTT et tes congés, mais t’inquiètes pas, on va rapidement te retrouver du travail ! »
Et le fait est dit. Ce que notre ami ignore c’est qu’il a bien travaillé pour le client. Et que ce dernier l’aime bien. Alors, son manager à reçu un coup de fil, et il décide de le nommer « responsable régional » !
Sacré surprise se dit notre jeune responsable ! ca c’est de l’échelle sociale ! Alors, que dois-je faire ?
C’est simple lui répond-on. Tu va devoir développer un secteur qu’on n’a jamais travaillé avant. Alors tu va chercher des clients, tu va les voir, tu leurs vends notre société pour qu’ils travaillent avec nous. Une fois que c’est fait, tu recrute des jeunes diplômés-travailleurs que tu manageras, et tu les envoie là-bas. La règle : le profit !
Normal se dit notre jeune responsable. On est là pour faire de l’argent, mais comme j’ai vécu ce que mon équipe va vivre, je ne vais pas manager comme tout le monde. Moi, je veux qu’un se sente bien dans mon équipe, qu’on ait envie de travailler en se levant le matin, et qu’on gagne bien sa vie ! Na !
Pendant un an, notre responsable (oui, maintenant, il en a tellement vu du monde professionnel qu’il est rodé ! on peut enlever le « jeune ») travaille très dur. Il ne compte pas les heures et, bien qu’officiellement, son contrat parle de 36.5 heures, il en travaille facilement 60-70 par semaines. Mais ca c’est normal apprend-il. Le travail c’est comme ca, et il l’accepte.
Le secteur qu’on lui a confié se développe, son équipe est soudée, il apprend même que les personnes qu’il manage sont content de leurs missions, et surtout de leur manager. Les clients aussi d’ailleurs. Normal se dit notre responsable, je vais souvent les voir, équipe et clients, pour pas qu’ils oublient que je suis là en cas de problème.
Mais le chef du responsable, lui, n’est pas très content. Tu pourrais avoir plus de clients lui dit-il. Tu perds du temps à aller voir tes équipes alors que tu pourrais faire plus de business ! De toute façon, une fois que t’as placé une personne, t’est tranquille niveau contrat donc t’as plus à aller le voir si tout va bien. Qu’il se débrouille !
Pourtant, le responsable ne change pas de politique. C’est son travail de veiller à ce que tout se passe bien entre ses équipes et ses clients. Et puis, il est souvent dans les écoles pour recruter de nouvelles personnes, et souvent en RDV pour trouver de nouveaux clients ! Mais il ne respecte pas les Saints « métriques » dictés à tous les responsable (un minimum de 10 RDV par semaine avec de nouveaux clients !). De toute façon, c’est impossible dans sa région. Des clients avec qui il peut travailler, il n’y en a pas 500. Mais pour atteindre ses objectifs, notre responsable fait du mieux qu’il peut, même s’il ne peut faire que 5 RDV clients par semaine. Malgré tout, tout se passe bien et tout le monde est content : clients, équipe, lui-même, et surtout, les résultats sont là…l’argent rentre dans la boîte !
Mais ce que le responsable n’a pas vu, c’est que dans l’ombre, 2 yeux jaunes le regardent ! C’est le grand loup, plus connu sous le nom de « crise ». Il en a bien entendu parler, mais n’y a pas prêté plus attention que cela… dure erreur.
Un beau matin, l’un des lieutenants du PDG prend la parole lors de la réunion hebdomadaire. Bon, difficile à suivre parce que beaucoup de termes anglais que personne ne comprend (mais ca fait mieux), et en gros, ce qu’on lui explique, c’est que la dure crise qui touche la société oblige à des restructurations.
Arf, se dit notre responsable, ca va être dur. Surtout qu’il apprendra ultérieurement que les restructurations concernent tous les responsables et affiliés qui travaillent sur le même secteur que notre…chômeur. Eh oui, il est à nouveau chômeur, parce que la traduction littérale de restructuration, c’est licenciement. Le secteur est entièrement vidé en région ! Bon, on ne touche pas à Paris, parce que c’est Paris, mais le reste est vidé. Ses collègues provinciaux ne sont pas mieux logés…
C’est dur un licenciement se dit notre chômeur, surtout quand son ancienne boite ne veut pas reconnaitre le licenciement économique (ca fait pas bien lui dit-on, tu comprends…). Alors, il faut trouver un arrangement…faute grave avec un chèque… comme ca, ca se voit pas tu comprends ?
Bon, le chèque est sympa, et ca me laisse le temps de me retourner se dit notre chômeur…
Et il vécu…pas heureux parce qu’il n’a pas encore eu l’opportunité de se retourner !
Voila ma petite histoire ! Elle prend fin en février de l’année dernière. Depuis mon licenciement, toujours pas de travail. Et ce n’est pas du à mon inactivité. J’ai postulé à plus de 650 postes. J’ai eu 647 réponses négatives « votre profil est très intéressant, mais il ne correspond pas à nos attentes. Bonne chance… ». Alors, je tiens à préciser que les annonces sur lesquelles j’ai postulé correspondaient parfaitement à mon profil. Les 3 réponses positives pour entretien furent vraiment marrantes. On m’a proposé de vendre des balais et deux SSII m’ont proposé le « super challenge » de démarrer…exactement le même secteur que j’avais auparavant, sans aucun référencement de la société, à partir de rien, et en période de crise. Autant dire mission impossible…
Depuis, je suis là, j’attends, je fais des salons d’embauche où personne n’embauche, j’ai appris que beaucoup d’offres qui paraissent ne sont en fait que des pubs pour montrer aux actionnaires que la société se porte bien, mais derrière, il n’y a rien. Je me bats avec des RH qui jouent les apprentis psychologues parce que…ca fait bien et qu’il faut justifier d’un minimum d’entretiens par semaine sous peine de se retrouver dans ma situation…
Et j’observe. Je vois des politiciens qu’on ne comprend pas. Je les vois qui se pavanent mais qui ne travaillent en rien sur les véritables problèmes de la France…faisons de l’écologie, c’est la mode ! Parlons d’identité nationale, les élections approchent ! Évitons de nous montrer désunis, les élections approchent.
Je vois des entreprises engranger des bénéfices monstrueux et annoncer que tout va bien alors que ces mêmes entreprises ont licencié des centaines de personnes sans plus de raisons que cela, mais il faut satisfaire l’actionnaire ! Restructurons !
Je vois des chiffres fous ! L’offre de travail est à la hausse nous dit-on ! Oui…les chiffres du chômage aussi ! Ou est le truc ?
Je vois beaucoup de personnes qui ont pourtant toutes les compétences requises, l’expérience nécessaire et la volonté de travailler, taper sans succès à la porte d’entreprises qui se vantent de recruter…pas le bon profil paraît-il.
Je vois les officiels annoncer avec fierté que les chiffres du chômage seront à la baisse l’année prochaine…normal, tout le monde arrive en fin de droit l’année prochaine ! C’est pas pour autant que le travail reprend.
Je vois des familles dont les deux parents travaillent et qui n’arrivent pas à joindre les 2 bouts…pouvoir d’achat oblige !
Je vois des solutions et des propositions inadaptées et qui ne conviennent qu’a certains…toujours les mêmes…
Je vois notre assurance maladie, pourtant emblématique de notre pays, s’effriter et tomber lamentablement. Il ne faut plus rembourser intégralement ces médicaments, ils sont inefficaces ! Mais dans ce cas, pourquoi les laisser en vente ? Le trou de la sécu est énorme ! Oui, si l’état se décide à payer tout ce qu’il doit à la sécu, elle revient dans le vert…
Et je me demande…pourquoi on en est là ? Bon, la réponse est facile, suffit de voir les 40 dernières années de gouvernement…
Aujourd’hui, j’ai l’impression que l’ancien régime est de retour…la noblesse (qui essaye de se maintenir), le clergé, et le tiers-état. Enfin maintenant le 9/10 de l’état qui trinque au quotidien.
Mais aujourd’hui, je me suis posé la question. « Et si on changeait tout ? ». Et si on retrouvait nos anciennes valeurs de Liberté, Egalite et Fraternité ? Si pour une fois, on pouvait débattre sans langue de bois et en pensant uniquement au bien de la France, si on pouvait proposer des idées qui fonctionnent ? Des solutions qui marchent ? Si on montrait notre ras-le-bol de cette société qui arrive à bout de souffle ? Peut-être serions-nous entendus… Peut être notre noblesse actuelle prendrait conscience qu’il y a un peuple en dessous d’elle et prendrait les décisions nécessaires pour le bien du peuple, avant que ca casse (après tout, on est en France, ca s’est déjà vu non ?)
Je souhaite que ce blog soit donc un lieu d’échange où tous les problèmes, toutes les idées puissent être entendues sans tabou.
Alors, ayons une petite pensée pour Voltaire qui disait « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire. » et changeons tout !
A bientôt
Go
PS : Je tiens à vous préciser que je n’ai aucune appartenance à un quelconque parti politique. Je ne tends ni vers la droite, ni vers la gauche, ni vers le centre, ni vers les extrêmes.
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